Lélia de Almeida Gonzalez (1935-1994) est reconnue au Brésil et en Amérique latine comme une intellectuelle et militante majeure du mouvement noir et du féminisme noir. Elle a enseigné l’anthropologie culturelle et le folklore brésilien à l’Université pontificale catholique de Rio de Janeiro et se présentait comme anthropologue. Cet article explore le rapport de Gonzalez à l’anthropologie, et plus précisément la forme d’anthropologie qu’elle a mise en pratique à travers son éclectisme théorique. Dans son militantisme et ses écrits, Gonzalez développe une approche décoloniale, articulant une critique de l’impact du paradigme euro- et androcentrique sur les sciences sociales au Brésil. Elle utilise le terme « Amefricanité » pour souligner la matrice coloniale qui nie constamment l’autonomie et la créativité des communautés africaines et autochtones, tout en mettant en lumière la dynamique des expériences africaines et autochtones dans le contexte de la colonisation des Amériques. Dans ses travaux, Gonzalez reconnaît le rôle joué par les récits idéologiques des Blancs, remettant en cause la suprématie blanche et ouvrant un espace d’analyse de la blanchité comme canon de production du savoir, non reconnu par les Blancs eux-mêmes. Sans employer le terme « intersectionnalité », elle a également été pionnière dans l’analyse de l’implication du racisme, du sexisme et des inégalités de classe dans la formation de la nation brésilienne, et de la manière dont cette imbrication affecte la condition sociale des femmes noires, autochtones et pauvres.
Ribeiro Corossacz, V. (2026). A contribuição de Lélia Gonzalez para a decolonização do pensamento antropológico no Brasil e em outros países, 1-24 [10.70601/649lffl].
A contribuição de Lélia Gonzalez para a decolonização do pensamento antropológico no Brasil e em outros países
Valeria Ribeiro Corossacz
2026-01-01
Abstract
Lélia de Almeida Gonzalez (1935-1994) est reconnue au Brésil et en Amérique latine comme une intellectuelle et militante majeure du mouvement noir et du féminisme noir. Elle a enseigné l’anthropologie culturelle et le folklore brésilien à l’Université pontificale catholique de Rio de Janeiro et se présentait comme anthropologue. Cet article explore le rapport de Gonzalez à l’anthropologie, et plus précisément la forme d’anthropologie qu’elle a mise en pratique à travers son éclectisme théorique. Dans son militantisme et ses écrits, Gonzalez développe une approche décoloniale, articulant une critique de l’impact du paradigme euro- et androcentrique sur les sciences sociales au Brésil. Elle utilise le terme « Amefricanité » pour souligner la matrice coloniale qui nie constamment l’autonomie et la créativité des communautés africaines et autochtones, tout en mettant en lumière la dynamique des expériences africaines et autochtones dans le contexte de la colonisation des Amériques. Dans ses travaux, Gonzalez reconnaît le rôle joué par les récits idéologiques des Blancs, remettant en cause la suprématie blanche et ouvrant un espace d’analyse de la blanchité comme canon de production du savoir, non reconnu par les Blancs eux-mêmes. Sans employer le terme « intersectionnalité », elle a également été pionnière dans l’analyse de l’implication du racisme, du sexisme et des inégalités de classe dans la formation de la nation brésilienne, et de la manière dont cette imbrication affecte la condition sociale des femmes noires, autochtones et pauvres.| File | Dimensione | Formato | |
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